Grognes course aux postes de nomination, critiques du nouveau gouvernement / Le Rhdp va-t-il gâcher le mandat de Ouattara ?

Publié le par jbkouakou

Adooo1La famille des Houphouëtistes n’est pas au mieux de sa forme après la crise post- électorale que vient de traverser  la Côte d’Ivoire. Le Rhdp est  en proie à des brouilles   internes qui ont pour origine le quota attribué à chaque formation politique dans  le gouvernement d’union nationale.  Le Pdci-Rda, le Mfa et l’Udpci qui forment  avec le Rdr, du Président Alassane Ouattara, la plate-forme du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix, se disent frustrés. Et des grognes persistantes fusent de ces chapelles politiques. Des militants  jugent  insignifiants les poste ministériels  attribués à leurs partis. Les réactions, même dans l’anonymat, ne se sont pas faits attendre et vont bon train.  A en croire des sources au sein du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire, du Mouvement des Forces d’Avenir et de l’Union pour la Démocratie et la Paix en Côte d’Ivoire, le Rassemblement des Républicains n’aurait pas respecté les engagements pris dans le cadre des accords passés au sein du Rhdp pour la gestion commune des affaire de l’Etat. Pour rappel, un programme commun de gouvernement avait été signé  par le Rhdp,  à Yamoussoukro,  le 18 octobre 2010, date anniversaire du père Fondateur Félix Houphouët-Boigny pour consolider davantage la plate-forme RHDP. Ce document de cent trois (103) pages a été paraphé par les Présidents Aimé Henri Konan Bédié du Pdci, Alassane Ouattara du Rdr, Albert Toikeusse Mabri de l'Udpci et Innocent Anaky Kobena du Mfa. Il s'articule autour de quatre axes majeurs. Premièrement, le pacte politique dont l'objectif est d'assurer la stabilité politique, gage d'une paix sociale durable. Ensuite, le pacte économique qui s'adosse sur le libéralisme économique à visage humain comme l'a toujours souhaité et prôné Félix Houphouët-Boigny. Puis le pacte social qui prend en compte la restauration d'une éducation de qualité, du développement du système de santé afin de le rendre performant. L'emploi, l'habitat, le cadre de vie, la lutte contre la pauvreté, la protection de la femme et de l'enfant étaient aussi au centre de ce projet. Enfin, le pacte culturel qui aura pour objectif de raffermir la cohésion sociale. Ce programme ne précise nulle part, le quota de postes ministériels qui devrait revenir aux entités politiques des Houphouëtistes. Mais des informations font état de ce qu’un accord  complémentaire au programme commun, aurait été signé par la Conférence des Présidents du Rhdp. Cet accord, à en croire certaines sources, a déterminé le quota des postes ministériels que chaque parti politique  membres du Rhpd devrait obtenir dans le gouvernement d’union nationale. Vérité ou intox ?  Qu’est-ce qui n’a pas marché  pour que la famille des Houphouëtistes se trouve confronter à cette situation de grogne ? Face donc  à ces querelles intestines qui sont en train de pourrir l’atmosphère du Rhdp et des Ivoiriens, on est en droit de se demander si les militants du Rassemblement des Houphouëtistes ne vont gâter le mandat du Président Alassane Ouattara ? Sinon, comment comprendre qu’à peine deux mois de prise effective de fonction, le pouvoir du nouveau Président ivoirien soit menacé par des ennemis internes. En lieu en place de l’intérêt de la Nation qui devrait être privilégié, surtout, après ces durs moments qu’a connus le pays, c’est plutôt, à une course aux postes de nominations que les Ivoiriens  assistent. C’est simplement honteux ! Les mêmes  causes produisant les mêmes effets, si on n’y prend garde,  le Rhdp ne fera que réciter la même leçon que ses prédécesseurs. Depuis donc quelques jours, les réunions de crise se succèdent tant  au niveau des instances du Pdci où les mécontentements sont plus perceptibles et également au niveau du Directoire du Rhdp pour arrêter la saignée et permettre au gouvernement de travailler en toute quietitude.  C’est donc de bonne guerre. Mais, en attendant de mettre fin à ces chants de cygne,  le vent de l’Est, lui,  continue de souffler sur les héritiers d’Houphouët Boigny.

 

BAKASSIEN 

       

Grognes et frustrations tous azimuts sans raison

Dès le lendemain de la publication du nouveau gouvernement de Guillaume Soro, sous l’onction du Président Alassane Ouattara, des voix se sont élevées pour désavouer le nombre pléthorique (36 ministres). Puis certains cadres du PDCI-RDA se sont dits ignorés et frustrés. Ce sont d’abord les cadres du Nord qui se sont sentis ignorés par leur parti, le PDCI-RDA. D’autres ont tout simplement traité le Président Bédié de tribaliste. C’est pourquoi, le Secrétaire général et Président du Directoire du RHDP est monté au créneau. "Je n’ai pas été consulté", a lancé le Professeur Alphonse Djédjé Mady, à ceux qui pensaient que c’était lui qui avait établi la liste des 8 ministres du PDCI-RDA. Ça grogne aussi au Mouvement des Forces d’Avenir (MFA). Avec un seul poste ministériel, les militants du parti d’Anaky Kobena ne sont pas contents. Il promet même faire un déballage très bientôt au cours d’une conférence de presse. Francis Vanga Wodié, ex-président et candidat malheureux du Parti Ivoirien des Travailleurs (PIT), sans offusquer de l’oubli des nouvelles autorités, a dit qu’il n’avait pas été également consulté. Mais, "avec ou sans le PIT, le gouvernement doit jouer pleinement son rôle", a-t-il affirmé.  Le Président de la jeunesse du parti de M. Henri Konan Bédié, ne semble pas content, lui aussi. "Nous ne voulons pas rentrer dans les débats ethniques. Mais la jeunesse va réagir à cette situation", nous a-t-il confié. Il y a aussi certains cadres de l’Ouest qui grognent. Il y en a qui pensent mériter tel ou tel poste. Le parti d'Houphouët-Boigny devenu un parti de Baoulé ? S’interrogent des militants PDCI non Baoulé. D’autres accusent le Président Ouattara de n’avoir pas respecté le pacte signé entre les membres du RHDP. Toute cette foire aux grognes devrait plutôt s’arrêter pour permettre aux nommés de travailler en toute quiétude et être jugés aux résultats. Sinon, il y a plus de 130 partis politiques en Côte d’Ivoire. S’il fallait nommer ne serait-ce qu’un ministre par parti pour faire plaisir à tout le monde, imaginez la suite. Si on devrait partager les 36 ministères entre les 4 du RHDP alors qu’on veut former un gouvernement d’union nationale, faites encore le calcul. Et puis, au moment où des personnes pensent que le nombre de ministres est trop élevé, d’autres pensent qu’ils doivent être nommés. Qui suivre si nous voulons écouter toutes ces grognes? La Côte d’Ivoire est en lambeau, elle a besoin de se ressouder avec la participation de chacun à tous les niveaux. Il n’y a pas un poste spécialement qui permette à la Côte d’Ivoire d’avancer. C’est la somme des petits et grands postes qui fera de la Côte d’Ivoire un pays émergent.

GUY TRESSIA


Une équipe en missions

Sorite fraîchement d’une crise postélectorale qui l’a complètement mise en lambeaux, la Côte d’Ivoire a besoin d’une thérapie de choc pour se remettre rapidement sur les rails et panser ses plaies. Le chef de file de ce challenge, Alassane Ouattara en a les capacités et les moyens. Il lui fallait des hommes et des femmes capables de l’y accompagner. Cela est fait depuis le mercredi 1er mai dernier, avec la formation d’un nouveau gouvernement qui comprend 36 membres. Plus qu’une simple constellation de hauts cadres, cette équipe a le devoir  de redonner confiance aux Ivoiriens. C’est donc un gouvernement formé non seulement sur des critères politiques, mais surtout sur des bases de compétences. Le chef de l’Etat qui a déjà occupé le poste de Premier ministre en Côte d’Ivoire, de 1990 à 1993, connaît bien ses compatriotes. Qu’ils soient de gauche ou de droite. Il sait à peu près qui pèse quoi dans la machine administrative du pays. C’est lui et le RDR qui ont conçu ‘’Ado Solutions’’ devenu, pour les besoins de la cause, ‘’RHDP Solutions’’. Il est donc la personne la mieux indiquée pour choisir ceux qui ont la compétence nécessaire pour donner corps à cet ambitieux programme de gouvernement. De ce fait, Ouattara n’avait d’autre choix que de procéder à une sélection qui a certainement surpris plus d’un. Mais le plus important, c’est le résultat, c’est-à-dire ce que le peuple qui a tant souffert gagne. Avec un peu de bon sens et d’amour pour la Côte d’Ivoire, ce sentiment devrait être partagé par tous. Hélas, des esprits chagrins qui ne pensent qu’à leur seul ventre mettent les bouchées doubles pour coller forcément des failles à la nouvelle équipe. Pis, ils murmurent de saboter, d’une manière ou d’une autre, la mise en œuvre des promesses pour lesquelles les Ivoiriens ont voté massivement pour Ouattara. Un gros risque politique d’autant que les populations meurtries par tant de meurtrissures et de misère ne se laisseront plus emballer par des individus égocentriques à souhait. La Côte d’Ivoire n’a plus de route, les services de santé sont défaillants, l’école est plus que malade, la corruption bat son plein, l’insécurité a dépassé le seuil de l’entendement humain, l’insalubrité bat son plein, le chômage est à son paroxysme, le Sida va au galop, l’eau potable et l’électricité sont loin de suffire, les paysans pleurent…Un lourd héritage des dix calamiteuses années du FPI, auquel Alassane Ouattara et ses hommes doivent trouver des réponses idoines et concrètes, le plus rapidement possible. Chaque ministre en est conscient puisque le Président de la République le leur a déjà rappelé avec fermeté. Il faut taire donc les envies et les rêves personnels pour sauver la patrie. 

 

MASS DOMI

  

Bédié à l’abri des clameurs à Daoukro

«On ne prend pas de décision dans les clameurs ». Cet adage sied bien au sage de Daoukro. Le Président du PDCI, Henri Konan Bédié, par ailleurs, Président du RHDP, se trouve être retranché, depuis un certain temps, dans sa ville natale, Daoukro. Malgré des agissements tapageux orchestrés par presse interposée, venant de certains cadres du RHDP contre sa personne, suite à la formation du gouvernement Soro IV, Bédié dort tranquillement à Daoukro. Ses détracteurs lui reprochent d’avoir opéré des choix arbitraires lors de la formation du gouvernement d’union nationale. Selon des sources bien introduites, le retour de « N’Zuéba » dans la capitale économique, n’est pas pour toute suite. Il demeure encore claquemuré, dans la deuxième grande ville de la Région du N’Zi-Comoé,  afin de se mettre à l’abri des clameurs des perroquets politiciens qui lui en veulent. Comme le dit l’adage, le digne fils de Daoukro veut être loin des bruits, afin d’éviter  de prendre des décisions insensées. Ne dit-on pas que c’est dans le calme que les décisions sages se prennent ? Toujours selon nos sources, le Président du PDCI évite, même de recevoir à son domicile de Daoukro, sauf s’il juge que les débats ne tourneront pas autour de ce problème de formation de gouvernement, qui fait couler beaucoup d’encre et de salive actuellement. Le débat sur le nouveau gouvernement est clos, la Côte d’Ivoire doit se mettre maintenant au travail pour panser les plaies de dix années de crise qu’elle a vécues par la faute des refondateurs.

 

ADAYE KOUAKOU


36 postes pour 2 millions de votants, une équation difficile à résoudre

Aucun grand mathématicien ni grand politicien ne peut partager 36 postes entre plus de 2 millions de personnes. C’est une équation qui s’avère très difficile à résoudre voire même impossible. Le Président Alassane Ouattara et son aîné Henri Konan Bédié sont incapables de partager 36 postes ministériels entre plus de 2 millions de personnes qui ont voté pour Ado au second tour de l’élection présidentielle. Si une telle promesse avait été faite lors des campagnes électorales, ce serait une insulte à l’endroit des électeurs. Quel que soient les choix des personnes qui devront occuper les 36 portefeuilles ministériels, il y aura toujours des frustrés. Tout le monde ne peut pas être nommé ministre à la fois. C’est du jamais vu dans un pays de Droit. Chaque Ivoirien peut servir son pays  à tous les niveaux que ce soient. D’ailleurs, un gouvernement est toujours en permanence reconstruction, il peut y avoir des remaniements et ce, en fonction des besoins humains qui s’imposeront au chef de l’Etat. Pour tous ceux qui estiment que les 36 ministres entrants ne sont pas les mieux indiqués, il leur appartient de les juger sur leur bilan. Et méditons sur cette pensée du père-fondateur : « Il est temps, grand temps que chacun à son niveau s’interroge ; ai-je fait, ce que je dois pour mon pays (…) ». Alors silence, la Côte d’Ivoire est au travail. 

A.K

 

Que celui qui est fâché se fasse élire dans sa région

L’heure ne semble plus au parfait amour entre fils ou militants du RHDP. La bonne ambiance de campagne qui avait régné et permis de bouter hors de la Présidence, Laurent Gbagbo et ses affidés, est en passe de se détériorer. C’est un fait à prendre au sérieux puisque les grognes et les murmures commencent à inquiéter de plus en plus les militants qui avaient cru que leur jour était venu pour connaître la gloire. Cette histoire serait partie d’une question banale de réjouissance. Sinon, de l’attribution de la paternité de la victoire du candidat Ouattara. Pour certains militants et hauts cadres du PDCI RDA,  les militants du parti RDR, en font un peu trop dans la manifestation de la victoire. Ces derniers, selon eux, font la sourde oreille malgré l’appel à la réconciliation prônée par les 4 leaders depuis 5 ans que le RHDP a été crée. « Les militants du RDR se moquent de nous. Ils disent que nous nous collons à eux parce que leur Président a gagné et nous voulons leur ravir leur place », nous a-t-on dit. D’autres sources soutiennent que c’est une question de partage des postes ministériels qui pose problème. Cette crise qui persiste entre démocrates et républicains ivoiriens trouverait, selon des confidences son origine dans le traitement que font les proches de Ouattara dans le dossier du Parlement ivoirien. A ce sujet, le conseiller juridique du Chef de l’Etat avait annoncé la suspension du Parlement lors d’une interview accordée à une chaîne étrangère. Or, suspendre le parlement, selon des militants du PDCI, c’est aussi régler des comptes à ce parti qui dispose de la majorité après les législatives de décembre 2000. Car, c’est priver la majorité des députés PDCI, par ailleurs Délégués Départementaux dans des zones de moyens financiers. Ce qui serait un moyen d’asphyxier ce parti au détriment du RDR qui ne siège pas au Parlement. Selon les murmures des uns et des autres, cet écart de méfiance, pourrait être difficile d’aller en rang serré lors des prochaines Législatives. Puis que chacun des deux partis voudraient montrer sa popularité sur l’échiquier national avant d’accorder les violons pour les Municipales et les Conseils généraux en 2012. Si telle est la raison de cette crise, alors, c’est une autre affirmation de la démocratie. Les Ivoiriens sauront avec exactitude le parti qui bénéficie de l’estime des Ivoiriens. Aujourd’hui, tous ces grognes et murmures visent à saboter le vœu du Président Ouattara de faire de la Côte d’Ivoire un pays émergent d’ici 2020. ‘’Les chercheurs de postes’’ ministériels et consorts doivent savoir que les Ivoiriens sont fatigués des querelles politiques qu’ils ont traversées ces dix dernières années. Une chose est sûre, ils ont élu le Président Alassane Ouattara parce qu’ils pensent que son programme est fiable. Et qu’il peut contribuer à l’amélioration de leur condition de vie. Chaque citoyen souhaite vivement la relance rapide de l’économie nationale afin de s’intégrer dans le tissu social. Celui qui veut forcément un poste ministériel, qu’il aille se faire élire dans sa région. C’est d’ailleurs le seul moyen de s’affirmer, parce qu’on peut démontrer aux yeux de touts qu’on a de la valeur et qu’on bénéficie d’un soutien populaire. Ces actes qualifiés de sabotage sont également en train de nuire à la mission de réconciliation confiée au Premier ministre Charles Konan Banny.  La conférence des Présidents du RHDP devrait se réunir dans les plus brefs délais pour disséquer le problème. Toutefois, le calme peut revenir à la maison, si les Chefs de partis le veulent et ne soutiennent dans l’ombre, ce qui se trame haut. Pour la Côte d’Ivoire, tout est possible !

Benjamin Soro

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