Formation de clans, chasse aux sorcières/Un danger guette le football ivoirien

Publié le par jbkouakou

 

Un peu plus d’un mois après l’élection à la Fif, l’atmosphère reste tendue au niveau du football ivoirien. Dans les coulisses se jouent toujours les jeux d’intérêt. Un vrai danger pour le sport roi dans notre pays.

On ne le dit pas assez. Ou, du moins, on en parle comme d’une simple plaisanterie. Et pourtant, la prolongation qui se joue dans les coulisses depuis la brillante élection de Sidy Diallo à la tête de la Fédération ivoirienne de football (le 10 septembre 2011) a de quoi inquiéter l’observateur averti du sport roi en Côte d’Ivoire. Autant la campagne a été rondement menée et riche en rebondissements, autant l’épilogue de ce scrutin est riche en intrigues qui risquent de mettre à mal l’essor du ballon rond.  De sorte qu’on se croirait bien à la fin d’une guerre où il est souvent difficile, alors très difficile, de panser les plaies et les meurtrissures. D’ailleurs, un dirigeant  soutenait, récemment, qu’on ne sort pas d’une élection comme on sort d’un match. C’est tout dire. Les adversaires d’hier, plutôt que de faire la paix des braves, semblent dans une logique d’adversité prolongée. Le constat est plus patent du côté des perdants où le profil  bas  et l’attitude  fair-play manifestés  au terme de la joute électorale apparaît au final comme du trompe-l’œil. En effet, selon des indiscrétions et de source digne de foi, la liste Bictogo, du moins l’ensemble de ceux qui sont restés fidèles au président du Stella, constitue désormais une équipe. Les liens, raconte-t-on, se sont raffermis depuis et la lutte continue. Tout naturellement, des réunions sont tenues, très souvent. D’ailleurs, au cours de la dernière ligne droite de la phase de poule du championnat national, cette alliance de mauvais goût a jailli à la face du public sportif. Des arrangements ont été notés. L’intrigante défaite (5-4) de l’Asec face à Issia Wazi en est une parfaite illustration. Il fallait, dit-on, sauver une camarade de lutte en la personne de Ginette Ross. Le deal était cousu de fil blanc. Mieux, il bafouait l’éthique sportive. Mais, c’est passé comme une lettre à la poste. Les coalitions, on s’en doute, vont continuer dans les tournois finaux au sein des différentes Divisions. Notamment dans  la course  au titre et au maintien. A en croire les commentaires des uns et des autres, on peut s’attendre à une véritable guerre sportive. Avec tous les ingrédients possibles. Par ailleurs, des alliés d’hier sont accusés  d’avoir prostitué l’élection. Un dirigeant dont le club vient de descendre en Division régionale aurait été violemment sermonné, au cours d’une réunion, pour sa supposée trahison. On lui en veut terriblement d’avoir donné (?) sa voix au nouveau président de la Fif. La situation est telle que la collaboration appelée de tous ses vœux par le ministre des Sports, au sortir de l’élection, reste pour l’instant une vue de l’esprit. C’est que, dans un camp comme dans l’autre, on en fait une question d’honneur. Le président Sidy Diallo, attendu à l’épreuve du terrain, souhaiterait avoir à sa disposition des hommes de Bictogo pour travailler. Mais, le processus coince, pour l’instant. Tout simplement parce qu’il est sabordé par des dirigeants aux desseins inavoués. Qui a intérêt que le football ivoirien plonge? Sommes-nous tentés de demander. Alors qu’avec une équipe homogène et un programme alléchant, Sidy Diallo  a les arguments pour suivre les sillons tracés par Jacques Anouma et, pourquoi pas, faire mieux. Dans l’intérêt général du football.

 

MARTIAL GALE  

 

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