Crise postélectorale/ Cultes religieux : Les Eglises attendent encore les fidèles

Publié le par jbkouakou

Eglise du 15Alors que la crise postélectorale s’est estompée après l’arrestation de l’ex-Président de la République, Laurent Gbagbo, les chapelles, temples et autres paroisses ont du mal à faire le plein.   Comme si les fidèles chrétiens avaient du mal à s’accommoder du changement à la tête du pays. A moins que ce ne soient des raisons évidentes qui justifient cette triste réalité.

Les églises paieraient-elles le prix fort de la crise post-électorale? Tout porte à le croire, au vu du constat fait dans plusieurs lieux de cultes du District d’Abidjan. Ce n’est plus la grande affluence dans les temples et autres chapelles. Les fidèles chrétiens qui se mobilisaient massivement les dimanches, se font désirer aujourd’hui. Hier, à Adjamé Liberté, l’Eglise Universelle sonnait creux. Seulement quelques dizaines de fidèles étaient visibles à l’intérieur du grand bâtiment à l’heure du culte dominical. « C’est ainsi depuis quelques semaines maintenant, nous confie un riverain. Les fidèles viennent à compte-gouttes ». Cinq mois auparavant, il était impensable d’assister à un tel spectacle.  L’Eglise Universelle, spécialisée dans les  prières de miracles, refusait alors  du monde.  Suite à des communications tapageuses, les candidats au bonheur y venaient chercher la solution à différentes préoccupations.  Malheureusement, elle se cherche pour l’instant. Même constat à Abobo (Avocatier). Où  la paroisse Canaan, le plus grand lieu de ralliement des fidèles catholiques du quartier, n’a pas encore retrouvé son monde.  Du coup, le grand portail qu’on fermait à 7h15 pour la première messe du dimanche, reste grandement ouverte jusqu’à la fin de la cérémonie. Les petits lieux de culte ne sont pas épargnés par cette rareté de fidèles dans cette crise-postélectorale. Une sécheresse qui s’explique par plusieurs facteurs.  Primo : l’exode de plusieurs populations abidjanaises qui ont élu domicile soit à l’intérieur du pays, soit dans des pays limitrophes. Au nombre de ces personnes, plusieurs fidèles chrétiens. Le cas d’Abobo est très patent. La commune a été le premier théâtre des hostilités entre les forces pro-Ouattara et les ex-FDS. Aussi, le quartier d’Avocatier reste-t-il encore clairsemé, malgré la chute de l’ex-Président Gbagbo, le 11 avril dernier. Normal donc que les paroisses et autres temples soient vides. La vacuité des églises trouve, secundo, son explication dans les différentes péripéties de la crise postélectorale. Nul n’ignore la fameuse prophétie de Koné Malachie, qui avait  annoncé la victoire de Laurent Gbagbo. Une prophétie qui, à l’épreuve du terrain, s’est avérée de la poussière dans le vent. Car, 33 jours après l’arrestation du Woudy de Mama, le miracle n’a pas eu lieu, comme annoncé par le prophète refugié au Ghana.  Cela a pour conséquence, entre autres,  de freiner l’ardeur de certains croyants qui y avaient cru dur comme fer. Aujourd’hui, dans cette atmosphère morose, des chrétiens, certainement les vrais, qui fréquentent encore les lieux de cultes, ont décidé de tourner la page de la guerre et de prier pour le bonheur de la Côte d’Ivoire, sans a priori.

Martial Galé

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